Rythme (poésie, littérature)

Le rythme est peut-être aux fondements les plus archaïques de la poétique, sans que celle-ci ne puisse toutefois s’y résumer. Si l’on pense au chant des anciennes corporations, à la comptine enfantine, à la chanson, à la poésie, on s’aperçoit que le rythme est fondateur de la vie sociale dans toutes les civilisations. C’est que le rythme est affaire d’énergie vitale.

C’est le galop du cheval, c’est la fréquence des refrains dans une chanson, c’est le bruit sec des roues du train sur les raccords des rails lorsqu’il roule à vitesse stabilisée, c’est l’intervalle auquel notre cœur bat. Son rythme est mesuré par des battements par seconde : à 55 vous êtes totalement relaxé, à 200 vous frôlez l’apoplexie.

Le rythme est plutôt une affaire de temps, là où la musicalité de la langue est plutôt une affaire de chant. Le galop du cheval et la ritournelle des oiseaux pourraient bien être aux fondements des arts poétiques. C’est en substance ce que laisse entendre Gilles Deleuze dans son cours de philosophie à l’Université Paris 8 sur Le temps non-chronologique du 20 mars 1984.

Gilles Deleuze et Félix Guattari, Skyros, Greece. 1980. Photo : Karl Flinker.

La métrique est une invention conceptuelle pour mesurer la façon de découper le temps de l’énonciation poétique, sa rythmique. Un vers en alexandrins est composé de deux hémistiches (ou sous-vers) de six syllabes chacun, il évoquera plutôt la poésie romantique du XIXè siècle, alors qu’un vers libre évoquera plutôt la modernité du XXème siècle. La construction en trois vers composés en 5-7-5 segments évoquera immanquablement le Haïku Japonais.

Mais le rythme ne se mesure pas seulement à la métrique des vers, il se manifeste aussi par la façon dont l’auteur avance dans son sujet, dans son récit, à la façon dont il procède par touches, métaphoriques, conceptuelles, et encore par l’usage qu’il fait des mots pour leur qualité sonore, douce ou aigüe, souple ou saillante. Le rythme est aussi dépendant de l’époque dans laquelle il s’écrit et s’inscrit. Le terme même « la métrique » le « dit » bien, qui n’a pas encore intégré la vitesse contemporaine des flux, dont le Slam, le Rap, le Spoken word sont les formes poétiques d’aujourd’hui.

Luc Dall’Armellina

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